{"id":224,"date":"2020-01-15T07:34:53","date_gmt":"2020-01-15T06:34:53","guid":{"rendered":"http:\/\/lab.oceanwebtech.com\/magazine-x\/?p=224"},"modified":"2020-01-17T14:33:09","modified_gmt":"2020-01-17T13:33:09","slug":"lorem-ipsum-dolor-sit-amet-consectetur-adipisicing-elit-totam-expedita-2-3-2-2-2","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/2a16beda9e9f4efdb53c29ab7ffb6f84.testmyurl.ws\/index.php\/2020\/01\/15\/lorem-ipsum-dolor-sit-amet-consectetur-adipisicing-elit-totam-expedita-2-3-2-2-2\/","title":{"rendered":"Le tombeau de Prosper M\u00e9rim\u00e9e \u00e0 Cannes"},"content":{"rendered":"\n<p>\nEcrivain, historien, juriste, musicien, hell\u00e9niste, slavophone, \narabophone, anglophone, hispanophone&#8230; dessinateur, voyageur, \ninspecteur des Monuments historiques, homme politique, Prosper M\u00e9rim\u00e9e \n(1803-1871) est un savant et un voyageur. Il grandit dans une famille \nd&rsquo;artistes ath\u00e9es. Ses parents, L\u00e9onor M\u00e9rim\u00e9e (1757-1836) et Anne \nMoreau (1774-1852) sont tous deux des professeurs de dessins qui \ntransmettent \u00e0 M\u00e9rim\u00e9e le go\u00fbt de cet art. Tout au long de sa vie, il \nesquisse, caricature et r\u00e9alise des relev\u00e9s d\u2019\u00e9difices dans le cadre de \nses fonctions d\u2019inspecteur g\u00e9n\u00e9ral des Monuments historiques.<br><br>\nIl se montre sensible \u00e0 la modernit\u00e9 artistique et politique. Il compte \nparmi ses amis de jeunesse Stendhal, Delacroix, Musset ou encore Ingres \net affiche ses convictions lib\u00e9rales. Les ann\u00e9es 1820 sont aussi celles \nde ses premiers succ\u00e8s litt\u00e9raires (<em>Th\u00e9\u00e2tre de Clara Gazul<\/em> (1825), <em>Chronique du temps de Charles IX<\/em> (1829), <em>Matteo Falcone<\/em> (1829), etc.).<br><br>\nIl appartient donc \u00e0 cette g\u00e9n\u00e9ration qui s\u2019enthousiasme de l\u2019av\u00e8nement \nde la Monarchie de Juillet. M\u00e9rim\u00e9e concr\u00e9tise son engagement en entrant\n dans l\u2019administration du nouveau r\u00e9gime d\u00e8s 1831. Trois ans plus tard, \nil succ\u00e8de \u00e0 Ludovic Vitet au poste d\u2019inspecteur g\u00e9n\u00e9ral des Monuments \nhistoriques. Le 31 juillet 1834, il part pour le <em>Midi de la France<\/em>\n afin d\u2019effectuer la premi\u00e8re de ses nombreuses tourn\u00e9es \u00e0 travers le \npays. Durant plus de trente ans, il est l\u2019artisan de la construction du \nservice des Monuments historiques.<br><br><strong>M\u00e9rim\u00e9e \u00e0 Cannes<\/strong><br><br>\nM\u00e9rim\u00e9e d\u00e9couvre Cannes lors de cette premi\u00e8re tourn\u00e9e de 1834. \nAccompagn\u00e9 par le professeur Fauriel, il se rend sur les \u00eeles de L\u00e9rins \npour y d\u00e9couvrir son patrimoine monumental. A cette \u00e9poque, Cannes est \nun port tout \u00e0 fait modeste, inconnu des touristes. Son attention, comme\n la plupart de ses contemporains amateurs d\u2019architecture, se porte \nexclusivement sur les \u00eeles de L\u00e9rins.<br><br>\nSa v\u00e9ritable d\u00e9couverte de la vill\u00e9giature de Cannes n\u2019intervient que \nplus tard, alors que sa sant\u00e9 d\u00e9cline. Comme nombre de personnes \nsouffrant d\u2019affections respiratoires, M\u00e9rim\u00e9e se voit prescrire par ses \nm\u00e9decins de passer l\u2019hiver sur la C\u00f4te d\u2019Azur. En 1856, il s\u00e9journe \nd\u2019abord \u00e0 Nice puis red\u00e9couvre Cannes o\u00f9 il s\u2019installe \u00e0 partir de 1858.\n Il vit d\u2019abord \u00e0 l\u2019h\u00f4tel de la Poste avant de loger dans un appartement\n de six pi\u00e8ces au premier \u00e9tage de la maison Sicard (3, Square M\u00e9rim\u00e9e) \nqu\u2019il occupe jusqu\u2019\u00e0 sa mort. L\u2019acad\u00e9micien y habite avec deux s\u0153urs : \nFrances Lagden et Emma Evers, fid\u00e8les \u00e0 la famille M\u00e9rim\u00e9e depuis \nl\u2019\u00e9poque o\u00f9 elles \u00e9taient \u00e9l\u00e8ves dans les cours de dessin d\u2019Anne Moreau.\n Comme \u00e0 Paris, ses dames de compagnie g\u00e8rent le m\u00e9nage : \u00ab<em> A notre \n\u00e2ge il faut avoir plusieurs femmes qui prennent soin de vous. Ces \ndeux-l\u00e0 sont toutes bonnes, d\u00e9vou\u00e9es et n&rsquo;ont pas peur d&rsquo;un cigare<\/em> \u00bb<sup>1<\/sup>.\n Il n\u2019est pas rare de voir les deux s\u0153urs accompagner M\u00e9rim\u00e9e en \npromenade, ce qui a marqu\u00e9 les esprits. Un dessin de Ferdinand Bach, \nconserv\u00e9 aux archives municipales de Cannes, t\u00e9moigne non sans humour de\n ces escapades.<br><br>\nBien que souffrant, M\u00e9rim\u00e9e n\u2019en diminue pas ses activit\u00e9s. Sa \ncorrespondance contribue \u00e0 diffuser la notori\u00e9t\u00e9 naissante de la ville \net plus largement la mode de la C\u00f4te d\u2019Azur. Il continue \u00e0 mener une vie\n mondaine (Victor Cousin, Lord Brougham, les princes russes, etc.) et \nfr\u00e9quente assidument la colonie anglaise \u00e0 tel point qu\u2019il dit parfois \nparler plus souvent anglais que fran\u00e7ais. <br>\nSurtout, il d\u00e9couvre plus finement le patrimoine des alentours. Il \ncommunique \u00e0 Viollet-le-Duc les esquisses qu\u2019il r\u00e9alise, notamment de la\n maison du Brigand au Cannet (inscrite au titre des Monuments \nhistoriques en 1941). <br><br>\nIl est aussi le t\u00e9moin des mutations que subit cette ville \u00e0 la \nnotori\u00e9t\u00e9 nouvelle. En quelques ann\u00e9es la Croisette (1860), la voie de \nchemin de fer (1863), l\u2019installation du gaz (1865) sont r\u00e9alis\u00e9s.  \nM\u00e9rim\u00e9e se d\u00e9sole de ces paysages modifi\u00e9s par le chemin de fer et par \nces constructions reproduisant le style anglais. Il s\u2019int\u00e9resse aussi au\n projet de cr\u00e9ation du canal de la Siagne d\u00e9cid\u00e9e en 1866.<br><br>\nLe go\u00fbt de M\u00e9rim\u00e9e pour Cannes et sans doute la maladie, prolongent de \nplus en plus ses s\u00e9jours sur la C\u00f4te d\u2019Azur. \u00c0 Tourgueniev, il \u00e9crit le \n28 f\u00e9vrier 1867 : \u00ab <em>Lorsqu&rsquo;on a pass\u00e9 quarante ans, il faut se tenir \nau soleil le plus qu&rsquo;on peut. Il n&rsquo;y a pas de m\u00e9decin qui le vaille. Je \nserais d\u00e9j\u00e0 mort, enterr\u00e9 et remplac\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Acad\u00e9mie, si je n&rsquo;avais \ncompris la sagesse des hirondelles qui changent de pays suivant les \nsaisons <\/em>\u00bb.  Le 30 mai 1869, il r\u00e9dige son testament dans lequel, \nbien qu\u2019ayant \u00e9t\u00e9 ath\u00e9e sa vie durant, il exprime le souhait qu\u2019un \npasteur luth\u00e9rien assiste \u00e0 son enterrement. Sensibilit\u00e9 spirituelle ou \n\u00e9lan amical, il appuie aupr\u00e8s du gouvernement le projet de cr\u00e9ation \nd\u2019une \u00e9glise anglicane. <br><br>\nSon \u00e9tat s\u2019aggrave \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 1870, ce qui ne l\u2019emp\u00eache pas, alors que la \nd\u00e9faite de Sedan fait tomber le Second Empire, d\u2019aller plaider la cause \nde l\u2019Imp\u00e9ratrice aupr\u00e8s de Thiers. Il revient \u00e0 Cannes le 11 septembre. \nEpuis\u00e9 par ce voyage, M\u00e9rim\u00e9e meurt le 23 septembre. Frances (dit \u00ab \nFanny \u00bb) Lagden est sa l\u00e9gataire universelle, \u00e9tant lui-m\u00eame sans \nh\u00e9ritier \u00ab <em>\u00e0 r\u00e9serve<\/em> \u00bb<sup>2<\/sup>. <br><br>\nLa <em>Revue de Cannes<\/em> relate son enterrement et rapporte que le cort\u00e8ge a \u00e9t\u00e9 suivi par de nombreuses personnes : \u00ab <em>son\n convoi a \u00e9t\u00e9 l\u2019objet d\u2019une v\u00e9ritable manifestation \u00e0 laquelle se sont \nassoci\u00e9s les hommes de tous les partis r\u00e9unis devant la mort<\/em> \u00bb<sup>3<\/sup>.\n M. Barbe prononce un \u00e9loge fun\u00e8bre qui vante notamment la capacit\u00e9 de \nM\u00e9rim\u00e9e \u00e0 ouvrir les portes du pouvoir parisien \u00e0 la ville de Cannes. A \nce titre, il compare le s\u00e9nateur \u00e0 Lord Brougham comme fondateur de la \nprosp\u00e9rit\u00e9 de la commune.<br><br>\nLe 28 mars 1891, la municipalit\u00e9 donne le nom de M\u00e9rim\u00e9e au square situ\u00e9 au pied de l\u2019immeuble o\u00f9 il a v\u00e9cu.<br><br>\nEn mars 1907, un premier Comit\u00e9 M\u00e9rim\u00e9e constitu\u00e9 d\u2019amis parisiens \nparticipent \u00e0 la r\u00e9alisation d\u2019une plaque comm\u00e9morative appos\u00e9e sur la \nfa\u00e7ade de ce m\u00eame immeuble. <br><br><strong>Le tombeau de M\u00e9rim\u00e9e au cimeti\u00e8re du Grand Jas<\/strong><br><br>\nSous le Second Empire, face \u00e0 la croissance urbaine, le cimeti\u00e8re du \nCaroubier, bien que r\u00e9cent, devient trop \u00e9troit et se trouve d\u00e9sormais \ntrop pr\u00e8s du centre. La commune d\u00e9cide la cr\u00e9ation d\u2019un nouveau \ncimeti\u00e8re. Le 19 juillet 1860, elle ach\u00e8te les propri\u00e9t\u00e9s des d\u00e9nomm\u00e9s \nGilette, Roustan et Cavalier. Le 1er mars 1866, le nouveau cimeti\u00e8re du \nGrand Jas ouvre ses portes. Il accueille logiquement de nombreux anglais\n \u00e0 tel point qu\u2019un \u00ab carr\u00e9 \u00bb (<em>English square<\/em>) leur est d\u00e9di\u00e9 sous la protection du monument \u00e0 Lord Brougham.\n\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ecrivain, historien, juriste, musicien, hell\u00e9niste, slavophone, arabophone, anglophone, hispanophone&#8230; dessinateur, voyageur, inspecteur des Monuments historiques, homme politique, Prosper M\u00e9rim\u00e9e (1803-1871) est un savant et un voyageur. Il grandit dans une famille d&rsquo;artistes ath\u00e9es. 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